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Aménophis IV Nouvel Empire, 18e dynastie, règne d'Aménophis IV-Akhénaton (1353-1337 av. J.-C.) © Musée du Louvre/C. Décamps
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Aménophis IV Nouvel Empire, 18e dynastie, règne d'Aménophis IV-Akhénaton (1353-1337 av. J.-C.) Temple de Karnak-est, Louxor, Égypte Grès peint H. : 1,37 m. ; L. : 0,88 m. ; Pr. : 0,60 m. Don du gouvernement égyptien à la France pour la part prise dans la sauvegarde des monuments de Nubie E 27112 Antiquités égyptiennes
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Aménophis IV |
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Ce fragment de pilier provient d'un édifice bâti à l'est du temple d'Amon à Karnak et représente le visage, aisément reconnaissable par son style, d'Aménophis IV-Akhénaton. Dès les premières années de son règne, celui-ci imposa le culte de Rê dont la manifestation visible sur terre est le disque solaire, Aton. Dans le même temps, il changea son nom d'Aménophis en celui d'Akhénaton.
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Un règne qui débute à Thèbes
Fils d'Aménophis III et de Tiyi, Aménophis IV monte sur le trône d'Égypte en 1372 av. J.-C. et règne environ dix-sept ans. Après quatre années passées à Thèbes, résidence de ses prédécesseurs, il fonde une nouvelle capitale baptisée Akhétaton, en Moyenne Égypte. Il fait de cette cité le centre du culte officiel rendu au dieu solaire dont la puissance s'exprime à travers l'astre du jour, le disque (Aton) qui dispense grâce à ses rayons les bienfaits sur terre. Au début de son règne il ordonne la construction, à l'est du temple d'Amon à Karnak, d'un lieu de culte dédié au faucon solaire, Rê-Horakhty. La vaste cour de cet ensemble était entourée de portiques à piliers sculptés d'images colossales du roi se présentant dans la position dite "osiriaque" : debout, jambes jointes, bras croisés sur la poitrine et tenant dans ses mains les sceptres royaux. Ce portrait est un fragment d'un de ces piliers.
Un style nouveau
Le respect des exigences de l'architecture (il s'agit d'un colosse adossé à l'une des faces du pilier), l'attitude du roi représenté ainsi que ses attributs en font une oeuvre répondant aux conventions traditionnelles. Mais le style et les inscriptions la démarquent par rapport à l'ensemble des représentations royales classiques. Il est aisé d'y voir une oeuvre de l'époque amarnienne correspondant au règne d'Aménophis IV-Akhénaton. Plusieurs documents nous apprennent que le roi a établi lui-même, pour les enseigner à ses sculpteurs, de nouvelles règles stylistiques dont cette oeuvre porte parfaitement témoignage. Le corps des statues du roi ne se présente plus comme celui d'un athlète dont la musculature évoque la puissance de sa fonction ; au contraire, les épaules sont larges mais plates, le buste presque féminin, la taille haute et étroite, les hanches larges et épaisses, le ventre bas et lourd. Le visage est également caractéristique de cette création royale : le faciès est réalisé à partir de lignes droites, anguleuses et de surfaces planes qui s'opposent à des lignes et des volumes souples et courbes. L'allongement du visage est accentué par la longue barbe postiche qui s'étire vers la poitrine.
Dieu solaire
Les noms inscrits plusieurs fois sur le monument identifient cette image. Les hiéroglyphes contenus dans ces cartouches ne nous donnent pas le nom du roi mais celui du dieu dont il était l'image vivante sur terre et l'unique interlocuteur : "Rê-Horakhti apparu dans l'horizon en son nom de Chou qui est dans le disque". Ce colosse représente donc, sous les traits du souverain, le dieu solaire, créateur de l'univers et fondateur de la royauté.
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- BARBOTIN Ch. , "Le Nouvel Empire au temps d'Akhénaton et de Néfertiti", Fiche-Visite-Louvre, salle 25.
- CENIVAL J.L. (de), "La révolution d'AménophisIV-Akhénaton", Feuillet-Louvre 2-10.
- FRANCO Is., "les grands pharaons et leurs oeuvres", Paris, 2001.
- ANDREU G., RUTSCHOWSKAYA M.H., ZIEGLER C., L'Egypte ancienne au Louvre, Paris, 1997.
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