Le tableau de Véronèse est le plus grand du Louvre. Son sujet est parfois confondu par les visiteurs avec La Cène que Léonard de Vinci a peinte sur un mur du réfectoire du couvent de Santa Maria delle Grazie à Milan et que le Da Vinci Code décrypte à sa façon. Les deux œuvres représentent les deux plus célèbres repas du Nouveau Testament. Ici, un banquet de mariage et le premier miracle de Jésus, celui de l’eau changée en vin. Là-bas, le dernier repas de Jésus et des Apôtres. Les Noces de Cana, qui mêlent l’Evangile à la haute-société vénitienne des années 1560, recèlent des détails surprenants : pourquoi le peintre a-t-il dessiné sur la tunique argentée de l’échanson de droite les motifs simplifiés de bagues de mariage ? Pourquoi la tête du personnage en noir qui regarde vers le haut au milieu de la tablée de droite est-elle collée sur la toile et non pas peinte directement dessus ? Et pourquoi la Vierge Marie, assise à la droite de son fils, semble-t-elle tenir dans la main gauche un verre invisible ? A chacune de ces questions on pourrait apporter des réponses diverses, certaines vraies (la tête collée est celle du successeur du personnage qui était peint auparavant mais qui venait de décéder) et d’autres fantaisistes (Marie garde symboliquement l’introuvable Saint-Graal). Autant de tableaux, autant de voies possibles d’interprétation : l’auteur du Da Vinci Code a choisi, en romancier, de prendre celle de l’imaginaire dans sa description des œuvres d’art. |